Enrico Baj

Milan 1924 – Varese 2003

Enrico Baj naît à Milan en 1924.

Sa personnalité volcanique et sa veine anarchique lui permettent de se former d’une façon toute à fait anti-conforme. Dans un premier temps, il étudie à la faculté de médecine, puis devient avocat et fréquente parallèlement l’Académie de Brera. Il se lie d’amitié avec la fine fleur du monde des lettres et de l’art européens et collabore souvent avec Breton, Duchamp, Queneau, Sanguineti, Eco et beaucoup d’autres. Entre 1951 et 1952, il fonde avec Dangelo et Dova le “Mouvement de la Peinture Nucléaire”, en 1953 avec Asger Jorn le “Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste” et en 1957, il participe à la rédaction du “Manifeste contre le Style”. Toutes ces démarches visent à détruire le formalisme de l’art d’après-guerre et la rationalité forcée du géométrisme dans le but de désacraliser les œuvres. Il introduit une constante ironie et la parodie dans son travail. Son expérimentation continue le pousse à créer en utilisant des techniques et des matériels disparates : dripping, peintures nucléaires, “interventions matériques” d’objets trouvés sur des tapisseries brodées ou encore des collages composés de fragments de miroir. Son geste a la naïveté d’un jeu, son regard est toujours amusé, mais très attentif aux ferments sociaux et à l’esprit de son temps. Toujours étroitement lié à ses ascendances surréalistes et dadaïstes, au début des années 1960, il se rapproche de la Pataphysique d’Alfred Jarry et de son goût de l’absurde. Au cours des années 1970, il travaille autour de trois grandes œuvres “sociales” : I funerali dell’Anarchico Pinelli en 1972, Nixon Parade en 1974 et L’Apocalisse en 1979. Il pointe son attention sur la décadence de la modernité et les périls de la technologie dominante. Ce thème est développé de nouveau en 1983 avec Epater le Robot, dans le Manifeste du Futurisme Statique des années 1983-1986 et avec les Manichini. Avec les Metamorfosi e Metafore de 1988, il introduit l’esthétique du kitsch qui sera son leitmotiv les années suivantes. Dans les années 1990, il réalise des œuvres en céramique et revient à un moderne primitivisme avec les Maschere Tribali et la série des Totem. En 1996, son Monument à Bakunin rend hommage à l’anarchie et aux idées libertaires desquelles l’artiste s’est toujours senti très proche. Il poursuit son activité artistique et théorique pendant toutes les années 1990 et s’éteint dans sa maison près de Varese en 2003.

Enrico Baj naît à Milan en 1924.

Sa personnalité volcanique et sa veine anarchique lui permettent de se former d’une façon toute à fait anti-conforme. Dans un premier temps, il étudie à la faculté de médecine, puis devient avocat et fréquente parallèlement l’Académie de Brera. Il se lie d’amitié avec la fine fleur du monde des lettres et de l’art européens et collabore souvent avec Breton, Duchamp, Queneau, Sanguineti, Eco et beaucoup d’autres. Entre 1951 et 1952, il fonde avec Dangelo et Dova le “Mouvement de la Peinture Nucléaire”, en 1953 avec Asger Jorn le “Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste” et en 1957, il participe à la rédaction du “Manifeste contre le Style”. Toutes ces démarches visent à détruire le formalisme de l’art d’après-guerre et la rationalité forcée du géométrisme dans le but de désacraliser les œuvres. Il introduit une constante ironie et la parodie dans son travail. Son expérimentation continue le pousse à créer en utilisant des techniques et des matériels disparates : dripping, peintures nucléaires, “interventions matériques” d’objets trouvés sur des tapisseries brodées ou encore des collages composés de fragments de miroir. Son geste a la naïveté d’un jeu, son regard est toujours amusé, mais très attentif aux ferments sociaux et à l’esprit de son temps. Toujours étroitement lié à ses ascendances surréalistes et dadaïstes, au début des années 1960, il se rapproche de la Pataphysique d’Alfred Jarry et de son goût de l’absurde. Au cours des années 1970, il travaille autour de trois grandes œuvres “sociales” : I funerali dell’Anarchico Pinelli en 1972, Nixon Parade en 1974 et L’Apocalisse en 1979. Il pointe son attention sur la décadence de la modernité et les périls de la technologie dominante. Ce thème est développé de nouveau en 1983 avec Epater le Robot, dans le Manifeste du Futurisme Statique des années 1983-1986 et avec les Manichini. Avec les Metamorfosi e Metafore de 1988, il introduit l’esthétique du kitsch qui sera son leitmotiv les années suivantes. Dans les années 1990, il réalise des œuvres en céramique et revient à un moderne primitivisme avec les Maschere Tribali et la série des Totem. En 1996, son Monument à Bakunin rend hommage à l’anarchie et aux idées libertaires desquelles l’artiste s’est toujours senti très proche. Il poursuit son activité artistique et théorique pendant toutes les années 1990 et s’éteint dans sa maison près de Varese en 2003.

  • Comizio,1963, technique mixte et assemblage sur tissu, 190 x 241 cm

Comizio,1963, technique mixte et assemblage sur tissu, 190 x 241 cm

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